Chapitre 6 : Culture, jeunesse et cohésion sociale

I - Culture

La crise sanitaire marque profondément le bilan de l’année 2020

Si tous les secteurs culturels ont été touchés, l'impact de la crise sanitaire a été particulièrement sensible dans le domaine de la création, touchant de plein fouet les acteurs de ce secteur, tout particulièrement les artistes, les producteurs, les lieux de diffusion, les festivals et les cinémas. Elle n’a pas épargné le domaine du patrimoine, entraînant notamment des retards sur plusieurs chantiers et contraignant les musées, comme tous les lieux accueillant du public, à la fermeture pendant les deux confinements.
La crise a également fortement perturbé la mise en œuvre des politiques de transmission et de participation à la vie culturelle, sans toutefois les remettre en cause. La coopération très ancrée avec les collectivités territoriales, l’investissement important de ces dernières en matière de culture, et l’existence du 3CB (conseil des collectivités pour la culture en Bretagne), instance de dialogue active, ont facilité une gestion collective de la crise.
L’information et l’orientation des acteurs concernés vers les dispositifs de droit commun (chômage partiel, fonds de solidarité, etc.), la déclinaison des dispositifs de soutiens nationaux portés par les établissements publics (Centre national de la musique, Centre national du livre, Centre national du cinéma, Centre national des arts plastiques) ou directement par la direction régionale des affaires culturelles - DRAC (été culturel et aides exceptionnelles) ont fortement mobilisé les équipes. En dépit de ce contexte particulier, la DRAC Bretagne a poursuivi la mise en œuvre des politiques structurelles du ministère de la culture en Bretagne.

Monuments historiques

Dans le champ patrimonial, la DRAC a maintenu une présence forte de ses équipes sur le terrain, gage de relations constructives avec les collectivités territoriales. En 2020, elle a notamment poursuivi les travaux en vue de la labellisation à l’UNESCO du site des alignements mégalithiques de Carnac, décliné le plan de sécurité ministériel sur les cathédrales bretonnes en menant des exercices grandeur nature en liaison étroite avec les services départementaux incendie et secours (SDIS).
Il convient de noter, parmi les opérations de restauration menées en 2020, celle sur les fresques du XVème siècle découvertes lors de travaux dans l’église du Quillio (22) et celles qui ont précédé la remise en place des stations du chemin de croix monumental du cloître de Sainte Anne d’Auray (56).

Poursuite des travaux de labellisation du site de Carnac au patrimoine mondial de l’UNESCO

site de Carnac

Monuments historiques :

18 375 000 €

mobilisés sur le champs patrimonial en Bretagne
(Monuments historiques, architecture, musées, archéologie, archives)

3 110 monuments historiques protégés
( dont 1 144 classés et 1 966 inscrits)

Restauration des fresques du XVème siècle de l’église du Quillio

église du Quillio
église du Quillio

Musées et archéologie

En matière de musées, la DRAC a entamé un dialogue étroit avec les nouvelles équipes municipales pour préciser leurs objectifs, pour lesquels les projets et les besoins sont nombreux (musée maritime de Saint-Malo, musée de la Résistance à Saint-Marcel, musée Mathurin Méheut de Lamballe, musée de Dinan, etc.).

Les chantiers de fouilles archéologiques se sont également poursuivis. Parmi les découvertes significatives une fouille archéologique conduite par l’INRAP à Bais (35) a révélé, à l’emplacement d’un bâtiment antique rectangulaire en pierre, la présence d’une vaste nécropole dont la phase la plus ancienne se situe au VIème siècle et qui présente plus de 400 individus parfaitement conservés.
D’autres opérations conduites à Rennes et à Dinan ont permis de faire progresser la connaissance des enceintes fortifiées médiévales des deux cités. Par ailleurs, trois programmes de prospection aérienne interdépartementale et deux projets collectifs de recherche régionaux (art mégalithique, habitat du Moyen Âge) ont été engagés.

Fouilles et travaux sur le tronçon de rempart du parcours des portes Mordelaises, Rennes

portes Mordelaises, Rennes

35 musées labellisés « musées de France »


Plus d’une soixantaine de chantiers de fouille

( préventives ou programmées) supervisés

Création

Dans le secteur de la création, les mesures nouvelles, notamment dans le cadre du plan théâtre, ont permis à la fois de renforcer l’aide aux artistes par le développement d’aides à la résidence, et de consolider le réseau des lieux de diffusion, l’ensemble se trouvant cependant fortement fragilisé par la prolongation de la crise sanitaire et la seconde fermeture des lieux de diffusion. Le contexte particulier de l’année a nécessité un dialogue constant avec les acteurs de la création, afin de les accompagner dans la crise, dans la reprise partielle d’activité comme dans la réflexion sur l’évolution des modèles actuels et leur adaptation dans la durée à la situation.
Le dialogue s’est élargi avec un certain nombre d’acteurs, comme les organisateurs de festivals. En Ille et Vilaine, ce dialogue s’est fait en lien étroit avec la préfecture au travers de la mise en place d’une cellule de suivi, réunie une fois par mois environ et présidée par le préfet de région. Il a également permis de réunir les représentants du secteur lors de la déclinaison bretonne des Etats généraux des festivals à Morlaix en octobre 2020.

Etats généraux des festivals Morlaix

festivals Morlaix

14,88 M€

mobilisés en faveur de la création
( spectacle vivant et arts plastiques)

Transmission des savoirs et pratiques culturelles

Dans le secteur de la transmission et des pratiques culturelles, la DRAC a poursuivi la mise en place de la généralisation de l’éducation artistique et culturelle (EAC), objectif partagé par l’ensemble des collectivités territoriales, celles-ci ayant décidé, dans le cadre du 3 CB, de faire de la Bretagne une «région 100% EAC ».
Parmi les concrétisations de cette ambition, on peut retenir l’installation des chercheurs de l’Institut national supérieur de l’éducation artistique et culturelle (INSEAC) à Guingamp en septembre 2020 en prévision de son ouverture en septembre 2021.

Par ailleurs, le déploiement du Pass Culture aux quatre départements bretons a fait de la Bretagne la première région intégralement couverte, le Finistère faisant déjà partie des cinq premiers département expérimentateurs du Pass Culture depuis février 2019.

Prison de Guingamp

Prison de Guingamp, site d’implantation de l’INSEAC

8 M€
mobilisés en faveur de la démocratisation culturelle et de la transmission des savoirs (enseignement supérieur, actions culturelle et territoriale, langue française et langues de France)

58 734  jeunes bretons ont créé un compte Pass Culture

799  structures ont proposé une offre Pass Culture aux adhérents

236 479  acquisitions d’offre Pass Culture validées

Livre et lecture

Un contrat de territoire lecture avec Dinan Agglomération a été élaboré fin 2020. L’année 2020 a également permis l’ouverture de la bibliothèque de Saint-Brandan et la réouverture de la bibliothèque centrale André Malraux à Saint-Brieuc. Plusieurs projets de construction de bibliothèques dans les Côtes d'Armor (Pleslin-Trigavoux, Plouaret, Plunaugat et Le Foeil) ont bénéficié de la dotation générale de décentralisation (DGD)

 447 000
mobilisés en faveurs des industries culturelles (livre et lecture)

II - Jeunesse

Quelques données sur la région académique Bretagne en 2020/2021

Les régions académiques ont pour but d’assurer la cohérence des politiques éducatives au niveau régional. La région académique Bretagne correspond aux limites de l’académie de Rennes, qui rassemble les quatre départements bretons.

Chiffres-Acad

Mieux aider et accompagner les élèves, par un diagnostic précis de leurs besoins

Les évaluations nationales menées chaque année auprès de tous les élèves, en début de CP, en début de CE1, en 6ème, à l’entrée en seconde et désormais en première année de CAP, visent à donner aux enseignants des repères, des éléments de positionnement précis, des indicateurs quant aux connaissances et compétences acquises par chaque élève, particulièrement en français et en mathématiques. Elles permettent de mieux identifier les besoins des élèves, pour faciliter leur accompagnement personnalisé, et plus globalement le pilotage pédagogique de l’école ou de l’établissement, en faveur de la réussite scolaire de tous.
En la matière, les élèves de l’académie de Rennes obtiennent de très bons résultats. Ainsi en français, comme en mathématiques, en CP comme en CE1, les pourcentages académiques d'élèves associés aux groupes fragiles et à besoin sont très en dessous des taux nationaux (soit, selon les compétences, de 3 à 7 points de moins en français et de 2 à 6 points de moins en mathématiques).

Accompagner la construction du parcours d'orientation des élèves

Au collège et au lycée, tous les membres des équipes éducatives (notamment les professeurs principaux, les psychologues de l’Education nationale, les professeurs documentalistes et les conseillers principaux d’éducation) contribuent à l’accompagnement des élèves dans la construction de leur parcours individuel de formation et d’orientation. Avec l’appui de la Région Bretagne, les heures spécifiques dédiées à l’orientation permettent ainsi de répondre aux besoins et attentes des élèves, en s’appuyant sur l’offre régionale de formations et les besoins économiques locaux. De surcroît, la nomination d’un second professeur principal en terminale et les réformes des lycées apportent à la fois plus de choix, plus de progressivité et plus de liberté pour construire un parcours de formation personnalisé et mieux accompagné.
Dans ce cadre, le projet « Bretagne Réussite Information Orientation » (BRIO), proposé conjointement par les universités bretonnes, l’académie de Rennes et la Région Bretagne, vise à créer un réseau collaboratif pour répondre, de façon adaptée, aux enjeux propres de la Bretagne et pour permettre aux lycéens et aux étudiants de réaliser de manière éclairée des choix de formation. Il s’articule autour des sites universitaires et mobilise un réseau de référents, désignés dans chaque lycée et université à la rentrée scolaire 2020, et, à titre expérimental, un réseau d’ambassadeurs étudiants.
Le dispositif national des nouvelles cordées de la réussite s’inscrit également dans cette dynamique. Né de la fusion, à la rentrée scolaire 2020, des dispositifs « cordées de la réussite » et « parcours d’excellence », il vise désormais à proposer un continuum d’accompagnement de la 4ème au lycée et jusque l’enseignement supérieur aux collégiens et lycéens volontaires, issus de milieux modestes (vivant ou/et scolarisés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville [QPV], en cités éducatives, dans l’éducation prioritaire ou en zones rurales isolées) ainsi qu'aux lycéens professionnels. Son objectif reste de lutter contre l’autocensure, de susciter l’ambition scolaire et d’ouvrir le champ des possibles, dans le cadre de l’élaboration du projet personnel d’orientation de chaque élève bénéficiaire (29 cordées labellisées en Bretagne en 2020/21, pour 4 889 collégiens et lycéens encordés).

Crise sanitaire et continuité pédagogique

Depuis mars 2020, face à la crise sanitaire et à ses conséquences, la communauté éducative en Bretagne s’est rapidement et massivement mobilisée. En plus de la diffusion régulière de fiches d’information, de conseils et de consignes aux personnels, avec la volonté d’assurer au mieux la continuité pédagogique, l’académie a pris toute sa place dans le déploiement de l’instruction à distance (dispositif « ma classe à la maison », renforcement des espaces numériques de travail, ouverture de lignes téléphoniques d’appui dédiées), dès l’apparition de « clusters », puis lors des périodes de confinement ou d’application de la demi-jauge, et dans la mise en œuvre des protocoles sanitaires et de gestion de cas COVID au sein des écoles et établissements scolaires (avec dans le même temps la distribution de masques puis, en fin d’année 2020, de tests).
En complément, différents dispositifs de soutien et de remise à niveau ont été déployés et/ou renforcés par l’Education nationale sur les territoires, comme :
- la généralisation des stages de réussite (dans 620 écoles et 34 collèges pendant l’été [6 136 élèves bénéficiaires] et 144 écoles et 21 collèges pendant l’automne 2020 [2 696 élèves]) ;
- la création et le déploiement du dispositif 2S2C (sport, santé, culture et civisme) proposé en juin 2020 dans 147 communes bretonnes (13 074 élèves bénéficiaires) ;
- la montée en puissance, dans le cadre du plan « vacances apprenantes », du dispositif Ecole ouverte (51 écoles et collèges mobilisés pendant les congés d’été [1 799 élèves bénéficiaires] et 21 pendant les congés d’automne 2020 [989 élèves bénéficiaires[) étendu à des parcours buissonniers et à l’opération « été du pro » dans les lycées professionnels.

Classes Masque

Enfin, le dispositif «Devoirs faits» dans les collèges a été renforcé. A ceci s’ajoute, à compter de la rentrée scolaire 2020, un effort inédit d’accompagnement personnalisé des élèves dans les écoles, collèges et lycées et la mise en place au rectorat d’une cellule de continuité pédagogique, chargée d'accompagner et d’assurer le lien avec les établissements scolaires.

III - Cohésion sociale

Accueil Hébergement Insertion (AHI)

Le secteur Accueil Hébergement Insertion (AHI) a été fortement marqué par la crise sanitaire COVID-19. Le réseau cohésion sociale a mis en œuvre les différentes instructions sur la prise en charge et le soutien aux populations précaires face à l’épidémie de COVID-19, qui ont notamment prescrit de poursuivre la mobilisation de places exceptionnelles et de dispositifs spécialisés.
Le niveau de mobilisation des places exceptionnelles en lien avec la crise sanitaire est resté très élevé en Bretagne, entrainant une compensation budgétaire exceptionnelle en 2020.

Au-delà de la crise sanitaire, le réseau cohésion sociale a assuré la mise en œuvre des objectifs fixés s’agissant des orientations pour le secteur AHI, et notamment le plan logement d’abord :
- la dynamique de création de places d’intermédiation locative s’est poursuivie, avec la création de 265 places, dont 211 en mandat de gestion ; l’objectif 2020 a donc été dépassé ;
- 42 places pensions de famille ;
- le Fonds national d’accompagnement vers et dans le Logement (FNAVDL) : dans le cadre de la réforme de 2020, le pilotage régional du fonds a été confié à la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) en Bretagne, en lien avec la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) et l’Association régionale des organismes d’HLM de Bretagne - ARO Habitat Bretagne au comité de répartition des fonds (décision du 1er juin 2020). Un appel à projets a été préparé fin 2020 (publication en février 2021).
- la Bretagne a été également très mobilisée dans le cadre des appels à projets (AAP) ou appels à manifestation d’intérêt (AMI) nationaux : AMI « Grande marginalité » (3 projets retenus), AMI « Logement d’abord II » (trois nouveaux territoires retenus : Rennes Métropole, Quimper Bretagne Occidentale, Loudéac Communauté Bretagne Centre) et préparation des candidatures en vue de l’AAP 2021 « Un chez soi d’abord », pour les territoires de Rennes et de Brest.

maison hebergement

50,5 M€

(+ 24 % par rapport à 2019) délégués en 2020 pour l'hébergement, le parcours vers le logement et l'insertion des personnes vulnérables

Protection des personnes vulnérables

Ce domaine a également été très impacté par la crise sanitaire en 2020 :
- aide alimentaire : les effets de la crise sanitaire ont contraint les associations à adapter leur fonctionnement et leurs modes de distribution afin de tenir compte d’une demande croissante. Des crédits exceptionnels ont été mobilisés (1 566 354 €, en complément des crédits dits classiques s’élevant à 377 804 €) afin d’appuyer le secteur associatif, notamment pour l’achat de denrées ;
- des crédits stratégie de lutte contre la pauvreté ont également été mobilisés en 2020 dans le cadre d’une contractualisation avec la Région Bretagne, visant à aider à la structuration du secteur avec les quatre têtes de réseaux régionales;
- protection juridique des majeurs : les services mandataires et les mandataires individuels ont maintenu un haut niveau d’activité durant la crise sanitaire, notamment en période de confinement. L’année 2020 a également été marquée par :
  . la création d’un nouveau service mandataire dans le département du Finistère ;
  . l’élaboration du « Schéma régional des mandataires judiciaires à la protection des majeurs (MJPM) et des délégués aux prestations familiales (DPF) » 3e génération : débutés en janvier 2020, les travaux ont été suspendus durant la crise COVID, avant de reprendre en septembre 2020. Ils se sont appuyés sur une équipe projet pluridisciplinaire et des groupes de travail, sous pilotage de l’Etat. La publication du schéma est prévue en avril 2021.
- cellules territoriales d’appui à l’isolement (CTAI) : le dispositif revisité se fonde notamment  sur la mise en place d’une plateforme de coordination et la possibilité de conventionnement avec des partenaires apportant leur concours aux missions dévolues aux CTAI.

protection des majeurs

54,77 M€
délégués en 2020 pour l'inclusion sociale et la protection des personnes

Politique de la ville

En 2020, hormis les dispositifs et actions habituels financés dans le cadre des 12 contrats de ville bretons, ainsi que le financement du centre de ressources « Politique de la ville Résovilles », l’Etat a lancé des initiatives spécifiques pour venir en soutien des habitants des quartiers prioritaires de la ville pendant la crise sanitaire.
Ainsi, 1,8 M € supplémentaires ont été versés aux associations pour la mise en place d’actions dans les quartiers durant les vacances d’été et d’automne, ainsi que pour le soutien aux petites associations de proximité.
Les dispositifs Quartiers d’été, Quartiers d’automne et Quartiers solidaires ont permis à des enfants et à des jeunes de partir en colonies de vacances, de bénéficier d’activités éducatives et culturelles, et ont également permis des actions en faveur du développement du numérique, de prévention en santé et d’insertion vers l’emploi.
Par ailleurs, la Bretagne a bénéficié de 32 postes d’adultes relais supplémentaires afin de permettre à des habitants de ces quartiers, âgés de plus de 30 ans et sans emploi, d’obtenir une insertion professionnelle dans le secteur de la médiation sociale.

Accompagnement des établissements et organismes de formation sanitaire et sociale

La crise sanitaire et le confinement ont mis en évidence des capacités d’adaptation individuelles et collectives au service du développement de nouvelles pratiques organisationnelles et de nouveaux modes de travail. Le service a été fortement mobilisé pour accompagner les établissements de formation dans la mise en œuvre des adaptations des modalités de certification pour l’année 2020, avec notamment la prise en compte du contrôle continu du fait de la suppression des épreuves certificatives.
L’organisation de jurys de certification à distance a permis d’atteindre l’objectif fixé de ne pas retarder la diplomation des futurs professionnels tout en respectant les contraintes sanitaires.

Mise en œuvre du dispositif de mobilisation des étudiants en travail social

En mars 2020, la direction générale de la cohésion sociale a mis en place d'un dispositif de mobilisation des étudiants en travail social disponibles et volontaires. Destiné à venir en appui des structures sociales et médico-sociales, son déploiement devait permettre de contribuer à assurer la continuité de leur activité en palliant les absences de certains professionnels liées à l'épidémie. En Bretagne, le pilotage de ce dispositif a été assuré par la DRJSCS.
Un dispositif de recueil des besoins des employeurs du secteur social et médico-social a été mis en place, en accordant une attention particulière aux domaines de l’hébergement d’urgence, de la protection de l’enfance, de l’accueil de personnes âgées et/ou handicapées et des services d’aide à domicile qui interviennent dans des secteurs prioritaires.
Le déploiement du dispositif a permis la mobilisation de 115 étudiants qui ont pu répondre aux besoins exprimés, majoritairement en termes d’accompagnement de la personne au quotidien dans les secteurs de l’hébergement des personnes âgées et des personnes handicapées.

La scolarisation des élèves en situation de handicap

Dans le cadre de la politique nationale d’inclusion scolaire, la volonté académique est d’améliorer l’accueil des enfants en situation de handicap qui sont scolarisés (17 971 élèves en 2020/21), en permettant la personnalisation du parcours de chaque élève, grâce notamment au renforcement de l’accompagnement humain (+ 89 emplois d’accompagnant des élèves en situation de handicap [AESH] à la rentrée scolaire 2020, pour un total de 3 931 AESH), du nombre d’unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS) dans les écoles, collèges et lycées (364 ULIS [184 premier degré et 180 second degré], accueillant 3 926 élèves en 2020/21), et en développant une collaboration renforcée avec le secteur spécialisé médico-social.

Dans le cadre de cette politique volontariste, l’organisation territoriale de l’Ecole inclusive se poursuit, avec le déploiement dans l’académie de nouveaux pôles inclusifs d’accompagnement localisé - PIAL (64 PIAL en 2020/21). Ils favorisent la coordination des ressources au plus près des élèves, pour permettre une meilleure prise en compte de leurs besoins. Ils ont également vocation à devenir des lieux de formation initiale et continue.

Sco handicap

IV - Lutte contre la pauvreté

Si la Bretagne connaît un taux de pauvreté (10,8 %) inférieur à la moyenne nationale, elle n’est pas exempte de précarité, aussi bien dans les villes que dans les zones rurales.
Depuis 2019, l’État met en œuvre la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté qui vise à apporter des réponses concrètes pour faire reculer la précarité, en lien étroit avec les collectivités territoriales, les organismes de sécurité sociale et les associations.
La crise sanitaire et sociale a brutalement confirmé les enjeux de cet engagement collectif à améliorer l’accès aux ressources essentielles (alimentation, hébergement), mais également à renforcer l’accès aux droits, et à favoriser l’insertion par l’emploi.
Elle a amené la stratégie de lutte contre la pauvreté à associer de nombreuses mesures d’urgences à la conduite d’actions structurelles.

Pendant la crise : un engagement inédit de l’Etat en soutien aux familles en difficulté

Deux aides exceptionnelles de solidarité ont été versées en 2020 à la demande de l’État pour plus de 138 000 familles dont près de 172 000 enfants. Elles représentent un montant global de 66 M€ pour la région Bretagne. Elles ont été complétées par une augmentation exceptionnelle de l’allocation de rentrée scolaire 2020, distribuée en août. Sur l’année 2020, une famille au RSA avec deux enfants à l’école aura bénéficié d’un soutien exceptionnel de 900 euros, directement versé aux familles.
Face à l’augmentation rapide de la demande d’aide alimentaire par des populations fragilisées, l’État a presque multiplié par six son soutien financier aux associations locales (2,1 M€ de financements), auquel se sont ajoutés 0,55 M€ de « chèques-services » confiés aux associations pour soutenir les personnes les plus en difficulté.

Aide alimentaire

Aide alimentaire :

2,65 M€ de soutien financier de l'Etat aux associations

Fin 2020, la cantine à un euro par jour pour 1 700 enfants de plus en Bretagne

Les enfants issus de familles défavorisées sont deux fois moins nombreux à manger à la cantine que les élèves issus des autres familles.
Si la plupart des grandes villes disposent de tarifications sociales, les communes plus petites recourent moins à ces outils qui jouent pourtant un rôle important dans la réduction des inégalités dès le plus jeune âge. La stratégie nationale de lutte contre la pauvreté permet de financer les communes qui instaurent une cantine à un euro pour les familles les plus modestes.

En Bretagne, 38 communes ont désormais adapté cette tarification. Plus de 1 700 enfants par jour bénéficient désormais du tarif de la cantine à un euro (15 %) dans les communes rurales.

Des points conseils budget pour lutter contre le surendettement

Les points conseil budget (PCB) proposent un accompagnement budgétaire gratuit et inconditionnel aux ménages en situation de fragilité financière. Ils visent ainsi à prévenir le surendettement et à favoriser l’éducation budgétaire.

18 accueils ont été déployés en Bretagne à compter de fin 2020. En Bretagne, une attention particulière a été portée à la couverture des territoires ruraux.

Lutte contre le surendettement :
18 points d'accueil «conseils budget»